
Matthias alla donc ouvrir à Christina, sous le regard mauvais de Kali.
La jeune femme s'abstint de tout commentaire cependant, et
Christina, en entrant, fit semblant de ne pas la voir. Matthias tirait
fort amusement de ces querelles féminines.
- Salut Cri-cri ! Alors ça va comme tu veux ? lui demanda-t-il,
reprenant un visage enjoué et jovial.
"Au moins, avec moi il ne joue pas la comédie..." se dit Kali.
La trop forte dose d'amitié que son ami ressentait pour Christina la rendait
extrêmement jalouse : elle n'allait pas lui prendre son
meilleur - et seul - ami, tout de même ?
- Très bien, lui répondit Christina avec un grand sourire, ravie de
voir le jeune homme : sa compagnie lui plaisait, il était différent de la
populasse à laquelle elle avait affaire toute la journée - tant pis si son sourire
était hypocrite, elle avait passé une journée exapérante, c'était du passé. Arrête
de jouer le rigolard, je suis sûre que tu pleures toutes les larmes de ton
corps la nuit à cause de mon abruti de frère qui t'ignore.
"Conasse..." l'insulta intérieurement Kali. "Mêle-toi de ce qui te regarde."
Elle les toisa avec un regard vexé quand ils virent se placer sur le canapé.
Non sans rancune, elle remarqua que Christina était assise précisément
là où elle-même se tenait encore il y avait dix minutes de cela.

Christina, parcourant rapidement l'appartement du regard, prit un visage appréciateur. L'ameublement et la décoration lui plaisaient, Matthias
avait du goût : c'était bon à savoir. En tant qu'architecte, elle ne pouvait que
lui accorder d'autant plus sa bénédiction pour aller occuper le lit de son frère.
Ses yeux se stoppèrent alors sur Kali, à sa droite.
- Tiens ! Kali ! Je ne t'avais pas vue ! ironisa-t-elle méchamment.
L'interpellée lui adressa un sourire glacé. Christina s'en réjouit.

- Très beau, ton pyjama, se moqua-t-elle outrageusement.
- J'habite l'appart du dessous, il est très fréquent que je passe
ici habillée comme je le veux, lui rétorqua froidement Kali, s'efforçant
tout de même de se contenir.
- Ouais, ben quand Thib' viendra, faudra que tu penses à changer tes habitudes,
hein, la cingla Christina, après avoir reniflé avec rancoeur.
Matthias toussota.
- Pour l'instant, on n'en est pas encore là avec Thi...
- Imbécile, ce n'est qu'une question de jours avant qu'il ne te saute
dans les bras, si tu le harcelais un peu plus aussi !fit Christina.
- Pour l'instant, c'est toi qui nous harcèle avec ton caractère
de boeuf, lui répliqua Kali, le ton venimeux.
- Ta gueule la couleuvre, et tu devrais t'épiler le minou.
Kali sentit des pulsions meurtrières l'envahir quand elle vit Matthias remettre un
peu trop longuement une mèche de ses cheveux en place pour masquer son rire.
Le jeune homme était sur le point de dire quelque chose pour
calmer les deux ennemies, quand le téléphone, se mettant à
émettre sa mélodie aigue, coupa court à la conversation.
Sauvé par le gong ? Pas si sûr...
Je continuerai dans la soirée, je dois aider à ranger la maison là^^















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