
Elle pivota sur son fauteuil et daigna se retourner vers lui pour
lui accorder son regard le plus dégoûté qu'elle avait en réserve.
Il l'avait cherchée, tant pis. ce serait lui qui prendrait. Bête comme il
était, il prendrait sûrement ça pour une déclaration d'amour.
- Aimeric, honnêtement, les mecs comme toi, ça me dépasse. J'te prie
de quitter mon bureau tout de suite, t'as rien à foutre ici. Alors je compte
jusqu'à trois, et si à trois tu es encore là, ça va gicler, pigé ?
- Hmm, tu es sado-maso ? la questionna-t-il. T'es encore plus
coquine que ce que je croyais, en fait ! C'est un trait de ta
personnalité qui me fait encore plus t'ai...
- Eh, connard ! Je suis lesbienne, ok ? Ca rentre dans ta tête de
con ?! s'énerva-t-elle, à bout de nerfs. Je suis une gouinasse, une chèvre
brouteuse de prés, une chatte sur pattes en recherche d'autres chattes,
pas de sales chiens dans ton genre ! C'est compris ou merde ?
Son coeur battait un peu trop vite.
Il ne fallait pas qu'il s'arrête.

- T'es pas gentille mi carinosa aujourd'hui... se plaignit Aimeric,
faisant mine de chouiner, offrant à la vue de son interlocutrice
une grimace des plus pitoyables. Je sais bien que t'es bi, on me l'a dit,
alors fais pas comme si y'avait que les filles qui t'intéressaient... Franchement,
regarde-moi ! Je suis tout ce qu'il te faut, hein ?
Et, en effet, Christina le regarda.
Mais tout ce qu'elle vit en lui l'écoeura.
- Sors d'ici, lacha-t-elle, prise par une
subite envie de pleurer.
- Pas avant que tu m'ai embrassé ! la taquina--t-il.

C'en était trop !
Elle se leva de son siège, folle de rage : celui-là l'avait cherchée,
mais enfin, comment pouvait-on être aussi misérable ?! Comment pouvait-on
autant attirer le mépris ?! Elle le haïssait pour ce qu'il était. Ce n'était pourtant
qu'un idiot parmi tant d'autres, mais lui, lui, LUI il fallait qu'il lui cherche
des noises, qu'il aime quelque chose en elle, qu'il la détaille chaque jour !
... Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?!
- POURQUOI ?! Mais pourquoi bordel ?! POURQUOI ça existe les
cons comme toi ?! Pourquoi ça CREVE pas ?! Casse-toi !
- Pas avant que tu ne m'ai...
On dit que parfois les mots sont aussi forts que les gestes.
Il faut être bien terre-à-terre pour avancer des dires pareils.
Ce sont les gestes qui sont parfois aussi forts que les mots.















J'adore ton "insulte"
Commentaires