
Thibault avait désormais délaissé toute résilience. Matthias avait compris que
le baiser lui plaisait, alors à quoi bon résister ? De plus, dans son émoi, il avait
également laissé échappé que le baiser de la veille était tout aussi à son goût, ce
qu’il s’était bien gardé de s’avouer à lui-même pendant vingt-quatre heures.
Toute la journée durant, il s’était efforcé d’ignorer leur échange au Cheyenne,
et s’était volontairement distrait pour ne pas méditer dessus. Cela dit,
maintenant que Matthias reprenait ses attouchements, il ne pouvait se
voiler la face plus longtemps : il appréciait cette intimité avec lui.
Se sentant brûler de l’intérieur, il inclina encore un peu sa tête en avant,
désirant fusionner plus violemment avec les lèvres de son partenaire.
Matthias, de plus en plus satisfait et amusé du tournant que
prenait leur partage, susurra contre sa bouche :
- Tu retires les conneries que tu as dites ?
- Quelles conneries… ? murmura Thibault, reprenant de force sa lippe,
avant de prendre aussi sa lèvres supérieure : il voyait très
bien où voulait en venir Matthias.
Le jeune homme désirait sûrement lui faire reconnaître qu’il aimait
l’embrasser, et ensuite stopper leur échange pour lui dire « A plus tard » afin
de le laisser sujet à des spéculations sur sa sexualité, pour lui faire
avouer par la suite qu’il avait une part d’homosexualité.
Or, il était hors de question que Thibault Merrer donne cette joie à Matthias Vélin.
Toutefois, le sournois se plaisait à présent à tâter son torse, pour lui faire
quitter ses lèvres. Que son corps soit manipulé ainsi agaçait Thibault, il ne
voulait pas que le baiser prenne fin immédiatement, et surtout, il voulait
rester en position de force. La main de Matthias se faisant plus audacieuse,
il fut cependant obligé de quitter sa bouche pour laisser échapper un
gémissement inaudible. Matthias le regardait avec un air impitoyable.
- Si tu crois t’en sortir comme ça… marmonna-t-il, triomphant.
Mais Thibault ne voulait pas de retour à la réalité.
La solution la plus simple pour plier Matthias à ses désirs s’imposa à lui
sans qu’il ait même cherché à y réfléchir : il commença par poser sa
main sur la cuisse du jeune homme.
Il aurait dû y penser plus tôt…

Il sentit clairement le sursaut de son partenaire, qui s’empressa de repousser
la main de Thibault, lui lançant un regard furieux. Mais Matthias fut coupé
dans sa protestation par Thibault, qui avait désormais posé sa main droite
sur son épaule, et enfouissait avec félicité sa tête dans son cou, caressant
sa peau chaude, tendue, de ses lèvres froides.
Pris de court par ce changement de comportement radical, il ne sut que faire
et se figea quand la main gauche de Thibault emprisonna la sienne, entremêlant
leurs doigts, et remontant jusqu’en haut de sa cuisse. Raide, une bouffée de
chaleur l’enveloppa lorsque Thibault descendit son bras droit pour aller
fureter vers sa hanche, la main baladeuse.
- M-Mais… Thibault ! Protesta-t-il vivement.
Le coupable ne tint pas compte de son appel, et enchaîna sur un baiser
langoureux, profond, forçant le barrage de ses lèvres que Matthias ne
pouvait contenir guère longtemps.
- Tu voudrais quoi ?Finit par l’interroger Thibault, le visage en feu. Me poser des
questions auxquelles je n’ai pas envie de te répondre ? Tu perds ton temps.
Matthias lui sourit amèrement, avant de se pencher pour l’embrasser
sur l’effilement de sa mâchoire. Thibault, grisé mais désireux de demeurer
en position culminante, profita de l’accès qu’il avait à la nuque de Matthias
pour déposer quelques baisers dessus. La réaction du roux ne se fit pas
attendre : s’il résista dans un premier temps, sa tête finit par s’affaisser, et
Thibault lui releva le menton, victorieux. Matthias le fixait avec incompréhension.
Lui-même ne comprenait pas, mais il avait trop envie de se serrer contre lui
pour réfléchir à ses actes. Une dure incandescence coulant dans ses veines,
il approcha à nouveau ses lèvres de Matthias pour l’embrasser.
Celui-ci ne broncha pas.

« Et parce que quoi… ?
J’ai longtemps attendu pour quelqu‘un comme toi.
Et voilà que je trouve ton réconfort… »
Thibault ne se détacha pas de Matthias.
Les conséquences de ses actes, il les affronterait plus tard.
Ce soir, il avait juste envie…
D’un peu d’amour.
Suite demain
matin 
Je suis trop fatiguée, désolée >.<
Faites de beaux rêves pervers ! *se planque xD*










que dire de plus ?
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