
Thibault serra solidement Matthias contre lui, accablé d’un désir insatiable d’avoir
son corps contre le sien : lui qui d’ordinaire fuyait le contact humain, et se repliait
sur lui-même, ressentait à présent le besoin de s’accrocher à une vie.
Matthias passa son bras gauche autour de la taille de Thibault, et agrippa sa
main droite à sa nuque, se laissant porter en arrière pour un baiser dévorant,
tellement passionné qu’il en devenait violent.
« Ces violents plaisirs ont des fins violentes,
et meurent dans leur triomphe »
Le buste submergé d’une vive flamme, Thibault voulait partager ce baiser plus
profond que l’infinité pour toujours : l’addiction à un être était quelque chose qu’il
avait oublié, et jamais il n’avait connu contact plus brutal, impulsif et enragé de
véhémence que celui qu’on partageait avec un homme. Contre sa volonté, il ne
voulait plus quitter cette drogue que son corps exigeait. La bouche de Matthias
était si chaude… ses lèvres si charnues et généreuses; et ses jeux de langue si
sensuels. Son esprit faisait directement le lien avec l’érotisme, même s’il s’interdisait
encore cette pensée. Le corps de Matthias n’était pas désirable à ce point, tout ce
qu’il voulait pour l’instant c’était ses lèvres, il aimait terriblement sa manière
d’embrasser et jouer à l’amour avec sa bouche lui plaisait de manière
irraisonnable. Tellement irraisonnable qu’il en venait à souhaiter passer sa
main sur son torse, qui l’attirait maintenant comme un aimant. Il s’interdisait de
vouloir Matthias. Et pourtant sa chair parlait d’elle-même dès que le jeune homme
caressait trop lascivement ses lèvres, ses mains pressant son dos.
Même son bas-ventre commençait à ressentir les effets de cette excitation trop
soudaine : les bouffées de chaleur avaient fini par atteindre son entrejambe.
Encore quelques dizaines de secondes sur le même rythme, et il finirait par
être sujet à un début d’érection, ce qui s’avèrerait regrettable,
et était à éviter à tout prix.
Avant de se retrouver frustré en la compagnie de Matthias la veille
au soir, jamais il n’aurait cru éprouver de tels sentiments.











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