
Un peu plus tard dans la soirée, après que le gâteau au chocolat de Chelsea
ait été mangé - et qu'on l'ait beaucoup complimentée dessus d'ailleurs - , les
deux amoureux avaient battu en retraite dans la chambre à coucher de la
jeune femme, désirant laisser les deux autres faire plus amplement connaissance.
Madoka était séduisante, et Thibault était très bel homme, mais il gâchait
tout avec sa timidité... du moins c'était l'opinion de Chelsea.
Elle avait vraiment envie que le jeune homme retrouve quelqu'un dans
sa vie, et elle aurait beaucoup aimé qu'il essaie avec Madoka, qui
était très gentille, ce qui était rare, de nos jours.
- Mon coeur, t'as bientôt fini de te recoifer ? se plaignit Jason.
- Mais oui, lui dit-elle, amusée : elle adorait le taquiner.
Ces derniers temps, elle s'était montrée moins présente, et plus dans la
Lune, elle le savait : afficher un masque de bonne humeur au quotidien
n'est pas toujours facile quand on a des soucis... or, il était hors de
question qu'elle en fasse part à Jason.
Chelsea hésitait à vendre sa maison, qui était l'héritage de ses parents.
A bientôt vingt-six ans, elle était toujours serveuse.
Après son bac L, elle avait passé trois ans en Espagne puis un an au
Mexique, pour une formation plus approfondie... et la mort de ses
parents avait détruit tous ses espoirs d'études.
Certes, elle avançait vite dans l'hôtellerie, mais ses revenus mensuels
n'était pas suffisants pour couvrir les frais de sa grande maison.

Jason, lui, avait trente et un ans, et avait réussi à percer dans la photographie.
Il avait une situation très aisée, ce qui ne la mettait que doublement mal à l'aise.
Elle n'osait pas lui parler de ses problèmes. Face à lui, elle se
sentait trop... faible, trop insignifiante et bête.
Si elle avait dû le lui avouer, elle en aurait mouru de honte.
- Tu penses sérieusement que Thibault a une chance avec elle, alors,
ou pas ? lui demanda-t-elle, se retournant vers lui avec le sourire.
Elle s'était forcée à être aussi joyeuse que d'habitude.
Sans optimisme, la vie était si dure...
Mais en se voilant la face, on pouvait aller loin.
Elle avait peur de ne faire que retarder l'échéance.










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