Accueil Date de création : 04/11/07 / Dernière mise à jour : 11/05/08 17:04 / 147 articles publiés
 

L'histoire... 1*  posté le lundi 10 décembre 2007 18:09

 

Il était plus de vingt-deux heures trente quand une voiture grise rutilante

 aux phares éclatants vint se garer devant le "Cheyenne", boîte de nuit assez 

réputée de Pényville, et plutôt bien fréquentée malgré son... originalité.

 

La conductrice buta sur le trottoir, lacha un juron qui agaça son frère - qui était déjà

 bien remonté - puis elle se gara avec un peu plus de délicatesse, toutefois sans

 aucune pitié pour son beau véhicule qui avait frôlé une poubelle - et donc une belle

 rayure qui lui aurait valu de se retrouver à la casse, rien que ça.

 

 

L'homme, tournant le dos à sa cadette, détacha prestement sa ceinture, pressé

 de sortir de "cette foutue caisse dirigée par une conductrice

défoncée" , comme il le dit si bien par la suite.

- Ca t'aurait dérangée de respecter les panneaux de vitesse,

 pour une fois que j'accepte de monter avec toi ? s'enquit-il,

 des accents de frustration dans la voix.

- Descends, au lieu de chipoter une fille, lui rétorqua

 sa soeur, levant les yeux au ciel.

 

Dans la famille Merrer, on s'aimait beaucoup.

Simplement, on avait une étrange manière de le montrer.

De fait, la famille était assez restreinte, puisque Thibault et Christina ne

 parlaient plus à leurs parents depuis que ceux-ci avaient appris l'homosexualité

 de leur fille - quelques années auparavant - et qu'ils avaient

 décidé de couper les ponts avec elle.

 

 

- Je ne descendrai pas, lui rétorqua Thibault, le regard noir. Hors de question que

 j'entre dans ta boîte gay à la con. Vas-y, moi j'écoute la radio en attendant que tu reviennes accompagnée. Les relations entre hommes, très peu pour moi.

- Des clous ! s'exclama sa soeur, plissant les lèvres. Les relations humaines tout court, oui ! T'as beau être un défaitiste émotif qui s'enferme comme un idiot, je vais te sortir de ta déprime en moins vite moi, tu vas voir!

- Comment? En m'amenant dans un repère d'homos? se moqua-t-il,

daignant enfin lui accorder un regard.

- Non, en apportant du renouveau dans ta vie après les trois mornes

 mois qui ont suivis " l'au revoir " de ta fiancée.

 

"Tu parles d'un renouveau..." grommela Thibault

intérieurement, résigné.

 

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2*  posté le lundi 10 décembre 2007 18:44

 

 

Blasé, Thibault ouvrit la portière de la place passager et

 commença à réaliser qu'il allait vraiment passer la soirée

dans une boîte réservée aux gays.

 

Christina avait toujours de ces idées... excentriques en monstre.

... Après tout, ce n'était peut-être pas si atroce que ça.

Il s'angoissait souvent pour rien, et elle le lui répétait sans cesse. D'un

autre côté, comment écouter quelqu'un de si je m'en foutiste sans prier pour

que sa vie ne devienne pas un maelström de galères et de bémols?

 

- S'il y en a un qui me fout la main au cul, je ne suis responsable de rien

 s'il finit par terre !la prévint-il, tentant de se donner un air menaçant, ce

qui échoua lamentablement puisqu'elle éclata de rire, plus agaçante que jamais.

- Toi, dangereux? Tu n'es à craindre

que lorsque tu as bu! s'esclaffa Christina.

 

 

Thibault ne répondit rien, mais Christina décida de ne pas s'en formaliser.

Tant pis pour lui s'il était de mauvaise humeur. Elle, elle comptait bien s'amuser ce soir, et c'était par bonté d'âme qu'elle l'avait conduit jusqu'à son lieu de prédilection.

 

Elle savait pertinemment qu'il était suceptible en ce qui concernait l'alcool. Loin d'être dépendant, Thibault avait cependant la fâcheuse habitude de... trouver ce refuge apaisant lorsqu'il recevait un coup dur. Mais il n'en consommait presque jamais. C'était soit la totale, soit rien. Quitte ou double. Thib faisait toujours dans l'excès, comme un héros de pièce tragique, tout droit sorti du XVIIe siècle... et les excès, ça pouvait aller loin.

 

- Hé... l'apostropha-t-elle tout de même. Pas de conneries avec les

cocktails, hein? Si tu finis ivre mort par terre, ne crois pas

que les autres vont se gêner ! 

 

C'était un simple message d'avertissement, et pourtant Thibault se retourna,

 piqué à vif. L'étrange blessure qu'avait laissée Chelsea en le quittant ne s'était

pas totalement refermée, apparemment. Là où elle avait tenté l'humour noir,

il s'était mis dans une colère tout aussi sombre et froide, cassante.

 

 

Elle se hâta de le rejoindre, malgré ses talons de huit centimètres qui ne lui permettaient pas de marcher à une vitesse très élevée. L'expression du jeune homme était, comme d'habitude, de marbre, bien que ses yeux lançassent des éclars.

- Dieu que tu aurais du succès si tu gardais toujours

 ce regard de braise! fit-elle, le défiant.

Thibault garda le silence un moment, apparemment il hésitait à dire quelque

chose de blessant, puis, finalement, la colère dut l'emporter car il dit...

- Mes conneries à moi sont limitées... t'as pas encore pris tes smarties

aujourd'hui? l'attaqua-t-il, le ton venimeux.

Touché...

A quand coulé ?

- Deuxième fois en cinq minutes que tu dis un gros mot... l'esquiva-t-elle

en chantonnant, riant aux éclats.

 

Ils étaient passés près, trop près. Suite à sa diversion, elle le sentit se détendre quelque peu, relachant la boule de nerfs qu'était devenu son corps au fil des semaines.

Fort heureusement, le bruit sec de talons frappant le sol vint distraire leurs esprits.

 

 

 

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3*  posté le lundi 10 décembre 2007 20:20

 

Ces bruits de pas appartenaient

manifestement à une habituée du coin.

L'espace de quelques secondes, Thibault sentit que l'attention de sa soeur

se détachait de lui pour se focaliser sur la nouvelle venue, et il la détailla, en

 tout homme qu'il était. Cela dit, il en détourna rapidement le regard, agacé. Cette fille était bien trop aguicheuse et folichonne pour lui. A vingt-sept ans, il avait dépassé le stade de " l'enfoiré affectif qui plote à tout-va " depuis longtemps...

 

- Ne va pas me dire que tu aimes ce genre de filles de joie, la mit-il en garde

Christina haussa les épaules, et quitta la jeune femme des yeux.

- J'ai connu pire, mais je ne m'abaisserai pas à ça ce soir. Seulement

dans les jours de déprime... Bon... on entre?

- Puisqu'il le faut...

 

 

Ils poussèrent le portail grillagé de l'endroit, et s'engagèrent dans une allée

qu'éclaraient quelques flammes qui firent hausser un sourcil à Thibault. 

 

- Au fait... lici c'est le "Cheyenne", c'est bien ça? demanda-t-il. On va tomber sur une déco indienne? J'ai pas franchement envie de tomber sur une bvande de Mohawks furieux armés de lances destinées à déviergiser les nouveaux clients !

- Tu ne manques pas d'imagination ! pouffa Christina. Arrête de me tourner en dérision, je suis certaine qu'au fond, tu es content que ta petite soeur te sorte.

- Mmh... c'est à dire que ça me stresse un peu de savoir qu'il y a un mec qui marche derrière nous et qu'il est peut-être en train de m'imaginer nu.

- Bah... c'est un mec, hein, fit Christina en guise de réponse.

 

Thibault sentit un frisson lui parcourir l'échine, et faillit se retourner pour

dissuader l'homme de jouer les voyeurs, bien que celui-ci n'ait strictement

 rien commis d'immoral ou de répréhensible.

- J'aurais dû marquer "hétéro" sur mon front, dit-il en

 laissant échapper un rire nerveux.

 

 

- Et si tu y mettais un peu de bonne volonté,

 hein? commença à s'agacer la brune.

- Mais je suis sûr que c'est de la chierie à l'intérieur... grogna Thibault, à cran. Si t'avais vraiment envie de me sortir, tu m'aurais emmené dans une boîte "normale", où j'aurais pu rencontrer des filles qui ne s'intéressent pas plus à toi qu'à moi ! Tu ne peux pas savoir à quel point c'est frustrant de voir une superbe femme t'ignorer tout en dévorant ta soeur des yeux!

- Oh si, je le sais, répliqua l'autre vertement.

- Mouais... enfin bon, t'es bi dans le fond, alors une boîte basique t'aurait suffi. En plus, je suis sûr qu'ils ne font que danser la tecktonik là-dedans, on voit plus que ça partout, le genre de trucs qui te donne bien envie de rester au bar le cul vissé sur un tabouret avec un verre débordant de vodka dans les mains...

- T'as jamais aimé danser, ça change rien, alors maintenant tu vas arrêter de

 faire le petit con solitaire qui s'éloigne du monde tel un pur masochiste,

 d'accord ? s'énerva Christina, poussée à bout.

- Hmm...

 

Camella, ou l'art de métamorphoser le PURE en boîte gay

L'intérieur est méconnaissable xD^^

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4*  posté le lundi 10 décembre 2007 20:47

 

Ce fut un Thibault hésitant que Christina entraina à l'intérieur, se

dirigeant vers la "réceptionniste" du Cheyenne.

 

- L'entrée me rassure un peu, mais je me demande ce que ça va être après... fit

Thibault, angoissé à l'idée de ce qu'il allait découvrir, tandis que dans

son esprit se créaient les pires films imaginables.

- Pauvre de toi...

 

 

D'habitude, c'était la cohue-bohue devant un voire plusieurs videurs musclés.

Ici, les clients les plus fidèles étaient notés dans un ordinateur.

 

"Super. On prend ton nom, on compte tes entrées, et quand t'es VIP on t'envoie un facicule toutes les semaines pour que t'oublies pas de venir et continuer à claquer ton fric. Ou alors on t'offre l'entrée et t'en profites pour te ruiner en alcool au bar, terminer la tête dans le coltar, choper un rail de coke avant de décider de t'en enfiler trois de suite, et puis pour finir tu t'endors dans les chiottes après avoir fait tu ne sais plus quoi."

 

Il était bien trop défaitiste.

Il fallait qu'il se calme avec ça.

 

 

- Christina ! dit la blonde avec un sourire ravi aux lèvres. Un ami à toi? demanda-t-elle en désignant Thibault du menton, le visage toujours aussi accueillant.

"Les amis des habitués sont nos amis..."

- Mon frère, avoua Christina en faisant don d'un clin d'oeil à la jeune femme.

- Il a fini par s'intéresser aux hommes? rit l'autre.

Eh bien, de toute évidence, on avait déjà entendu parler de

lui ici... et ce n'était pas pour lui plaire.

- On peut dire ça comme ça, dit Christina, le regard pétillant d'une malveillante malice.

 

" Tu ne perds rien pour attendre..." pensa Thibault, buté.

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5*  posté le lundi 10 décembre 2007 21:15

 

Lorsqu'ils entrèrent dans la salle principale, le premier réflexe de Thbault fut de

poser son regard sur un homme torse nu aux longs cheveux noir corbeau qui faisait

des acrobaties sur un podium haut de quarante centimètres - à peine - s'agissant

et se trémoussant comme s'il était en rut.

 

"C'est ça. Je suis tombé chez des loups en rut. Je prends note : surveiller

 mes arrières, on ne sait jamais si un jean est suffisant pour protéger mes

 miches dans un baisodrome pareil..."

 

- Je peux savoir pourquoi il y a un con qui s'agite comme un puceau furieux

sur un podium? ironisa-t-il, hésitant entre l'amusement et le désespoir. Une

 tradition de la maison, je suppose... ?

- Crétin, s'entendit-il répondre.

 

A désagréable, désagréable et demi.

 

 

Cela dit, il était parfois difficile de résister à l'ironie.

Et voir deux filles en pleine possession d'atouts majeurs se frotter l'une à l'autre,

c'était vraiment la goutte d'eau qui faisait déborder la vase. Bientôt, il allait être

aussi excité que les dingues qui se collaient les uns aux autres un peu partout.

Dans la catégorie "maison close", c'était pas mal...

 

 

- Dommage pour ta putain... se moqua Thibault en désignant la fille couchée sur

le canapé à Christina, qui n'était autre que celle qui était arrivée en même temps

qu'eux, et qui s'amusait déjà comme une folle.

Christina éclata de rire.

- Putain? Ouh, quelle sombre vision de la gente féminine ! Attention,

 l'homosexualité te guette !

- Tais-toi un peu, lui répliqua son aîné, le sourire aux lèvres.

 

 

Pendant ce temps, le jeune homme continuait d'enflammer la piste de danse,

montrant à tous les clients combien sa souplesse était enviable. De toute évidence,

 celui-là avait déjà ingurgité pas mal d'alcool... En se tournant vers un coin de

 la salle, Thibault repéra deux jeunes ados - on aurait dit qu'ils s'étaient renversés

 un pot de gel sur la tête - qui faisaient des zooms sur les fessiers du

danseur avec leurs portables dernier cri. Pa-thé-tique.

 

"Prendre note également : garder mes

distances avec l'indien nudiste."

Il observa la salle, détaillant les gens autour de lui, quelque peu surpris : il ne s'était pas attendu à quelque chose d'aussi habituel, si on mettait à part les couples d'hommes et de femmes qui se tripotaient un peu partout.

"J'avais toujours cru que dans les boîtes gays, on faisait une grande

 ronde tous ensemble et qu'on s'emboîtait joyeusement les uns dans les autres!"

 

Mon frère m'a sorti ça quand j'avais 9 ans, ça m'est resté  

 

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