Accueil Date de création : 04/11/07 / Dernière mise à jour : 11/05/08 17:04 / 147 articles publiés
 

6*  posté le lundi 10 décembre 2007 21:47

 

Alors qu'il envisageait sérieusement de s'asseoir au bar en commandant la boisson la plus forte en vente, suite à un désespérant examen de la salle, Thibault sentit un regard. Il releva les yeux en direction de l'origine de la sensation, frustré, et découvrit alors les tout premiers gens "normaux" depuis qu'il étaient entré aux Cheyenne.

 

Un rouquin le dévisageait, le regard pénétrant. Dans ses bras se tenait une fille brune

aux airs un tantinet masculins, chez qui on devinait une fermeté hors du

 commun. "Un transexuel?!" se demanda-t-il, alerté par ce couple

 impromptu : après tout, on était chez les gays, ici.

 

Le roux murmura quelque chose à l'oreille de la fille, qui se retourna vers lui avec le sourire, sujette à un étrange fou rire. Thibault l'aurait bien envoyée paître, mais il pensait s'être déjà assez ridiculisé comme ça : planté au milieu de la piste de danse tel un lampadaire, une expression de chien perdu sur le visage, il était vrai qu'il devait avoir l'air très bête. Il se maudit encore une fois d'avoir accepté cette stupide sortie... mais Christina avait un tel don persuasif qu'il n'avait pas su lui dire non.

 

 

Cherchant à garder une certaine contenance, il fit comme s'il ne les avait pas vus,

ce qui n'était pas tâche aisée car, bientôt, la fille lui fit signe d'approcher.

 

Sceptique, il lui fit comprendre (ou du moins en fit la tentative) qu'il n'avait pas

très envie de se joindre à eux, mais elle haussa les sourcils, leva les yeux au ciel, et

 lui refit signe de venir, avec plus d'insistance cette fois-ci, tandis que le

rouquin piquait du nez dans une sangria.

"Bon... ça va pas me tuer d'aller voir ce qu'ils me veulent."

 

 

Il fit quelques pas vers eux, marchant de façon détachée destinée à les intimider.

 

- Un problème? demanda-t-il, leur faisant clairement comprendre qu'il n'avait

 pas de temps à perdre avec des "emmerdeurs".

La fille gloussa, le regard distant et supérieur, avant de se retourner vers le bar,

 tandis que l'homme secouait la tête en étouffant des rires.

- Ramène aussi ta copine, dit-il en souriant.

 

Il était loin d'avoir l'air aussi hypocrite que son amie. Son sourire était sincère, et sa voix chaude et claire. Une sensation de confiance en soi émanait de ses yeux : le genre de types insupportables. Et qui joue le bon copain, en plus de ça.

Et puis... sa copine? Christina?

Ces-deux là s'imaginaient que sa soeur était sa petite-amie?

Le mot en lui-même faisait encore un peu mal, toujours... après trois mois.

C'était complètement stupide. Qu'est-ce qu'ils voulaient? Un plan à quatre?

Hors de question.

Malgré tout, il alla chercher Christina.

 

 

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7*  posté le mardi 11 décembre 2007 09:27

 

Après tout, c'était sa soeur qui l'avait entrainé dans cette galère.

A elle de le débarasser de deux gêneurs amateurs de multi-parties !

Il la trouva en train de partager un zouk très serré avec une femme à moitié nue, ce qui ne fit que l'énerver davantage : elle l'emmenait dans un coin pourri, elle le lachait dans la nature, puis elle allait s'éclater en le laissant en proie à une vive panique, au milieu de gays gourmands, sans plus culpabiliser !

 

- Hum... Christina? l'appela-t-il nerveusement.

La concernée ne l'entendit pas, trop concentrée sur le calage des

 hanches à celles de sa nouvelle trouvaille. 

- Christina! redit-il plus fort, se laissant gagner par l'énervement.

 

Il était à fleur de peau, mieux valait ne pas le chercher.

Sa soeur se retourna enfin, un sourire vexé aux lèvres.

 

- Alors ? Tu t'amuses bien ? lui demanda-t-elle innocemment.

- Je m'amuserais plus si tu venais me prêter main forte, lacha-t-il avec une nuance de reproche dans la voix. Y'a deux gens bizarres qui veulent nous parler à toi et à moi, en plus ils croient qu'on couche ensemble à l'occasion et ça me, ahem... perturbe !

- Dis leur d'aller se faire voir! s'exclama Christina, blasée.

- Pas question que j'aille leur parler tout seul, je suis mort de trouille! se

plaignit Thibault. Depuis tout à l'heure je reste tétanisé comme un con au

milieu de tout le monde, alors si ça continue comme ça moi je rentre!

 

Christina lui jeta un regard noir, soupira bruyamment, et se détacha de

 la fille avec qui elle dansait jusqu'alors sans plus de préambules.

 

 

Au bar, la femme brune se retourna vers son ami et lui donna un petit

coup de poing dans le bras droit, le sourire aux lèvres.

 

- Je crois qu'elle m'a reconnue, dit-elle avec un petit rire mauvais.

Le roux accorda une brève étude à la femme aux longs cheveux noirs et à la peau

pâle qui se dirigeait vers eux avant de se retourner vers sa voisine.

- Elle serait plus sur les nerfs, non ?

- Mmh... oui, sûrement. Je vais lui rafraîchir la mémoire.

Le rouquin soupira, leva les yeux au ciel, et se retourna vers le comptoir

pour avaler une nouvelle gorgée de son breuvage.

- Du moment que tu fais la soft et que tu ne me traine pas dans tes

saletés... céda-t-il avec un agacement naissant.

 

 

Christina, qui n'avait pas manqué de remarquer la tenue vestimentaire de la jeune femme, la trouvant parfaitement à son goût, ne se fit aucune illusion quant à la préférence sexuelle de celle-ci lorsqu'elle alla s'accouder au comptoir à leurs côtés.

Tout en cette fille criait "Je veux des meufs!" , c'était marqué sur son front. Un peu trop du style "Marie couche-toi là" , d'ailleurs... enfin bon, peut-être qu'elle valait un peu mieux que toutes ces autres écervelées qui ne faisaient que chercher une possesseuse de deux chromosomes X avec une forte poitrine et un vagin...

Thibault était vraiment bien naïf.

- Salut ! dit-elle cependant avec le sourire, s'asseyant sans vergogne

 sur le rebord du comptoir.

 

Ces deux-là ne sortaient pas du tout ensemble, ça crevait les yeux.

Elle avait clairement vu le rouquin détailler rapidement et discrètement son frère de haut en bas. Il était d'ailleurs surepenant qu'il ne le regarde plus, car son examen avait toutes les chances d'être concluant : Thibault était assez bel homme, et que le roux ne le trouve pas à son goût était innatendu.

- Salut... fit justement l'objet de ses pensées,

un sourire engageant aux lèvres.

 

Il avait l'air gentil... mais horriblement sûr de lui. Plus jeune que Thib, ça se voyait

 tout de suite. Mais il était vraiment mignon, et plutôt bien foutu.

Tout compte fait, elle allait peut-être réussir à faire passer

du bon temps à son frère, ce soir.

 

 

Christina se pencha sur l'épaule de la jeune femme, et arbora

un sourire qui n'admettait aucune réplique. 

- On m'a demandée ? 

- Oh, oui, dit la fille avec un sourire pervers. Tu n'allais pas non plus repartir direct avec cette planche à pain attifée comme en Floride ?

- Loin de moi cette idée, pouffa Christina. Cela dit, faudrait éclairicr un certain point : le mec à la chemise blanche est loin d'être mon compagnon, il s'agit de mon frère, et vous l'avez un peu inquiété avec vos regards... pas nets.

 

La femme au bustier regarda droit devant elle avec un sourire en coin,

 savourant d'avance sa victoire prochaine sur celle qui d'habitude était

de marbre et ne s'abaissait auprès de personne.

- Mais oui j'le connais ton frère... soupira-t-elle, se retenant de lui rire au nez. J'avais des vues sur lui quand j'étais ado, comment l'oublier ? Enfin bon, il a bien changé, maintenant, n'est-ce pas ? Gay ? Qui l'eût cru? demanda-t-elle en laissant échapper un rire railleur. La famille est pervertie, c'est de ta faute encore ?

 

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8*  posté le mardi 11 décembre 2007 10:22


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Christina reçut comme une décharge électrique en

 pleine face, mais ne laissa rien paraître.

Dangereuse. Oui, cette fille était dangereuse.

Elle l'avait senti depuis le début. Et elle ne lui voulait pas que du bien, pour

 une raison qui lui était inconnue. Mais alors si elle avait connu son frère

 étant plus jeune, elle... l'avait connue elle.

Ca coulait de source.

 

- Mmh, d'où me vient cette antipathie soudaine ?demanda Christina avec une voix douce, suave, et pourtant débordante de colère. Se serait-on déjà rencontrées ? Jusqu'ici je n'ai perverti personne, mais tu m'as l'air d'avoir une opinion bien arrêtée sur le sujet.

 

Elle avait failli rajouter "sale garce" , mais s'était retenue - à grand peine.

- Tu ne me reconnais pas, c'est vexant, fit l'autre.

- Si tu commençais par me regarder en face, ce serait déjà pas mal, je te promets que je ne vais pas m'énerver sur ton minois, du moins pas tout de suite, lui rétorqua Christina, énervée par sa lâcheté.

 

 

La jeune femme se leva de son tabouret et se retourna vers Christina, qui ne distingua d'abord pas très bien son visage, celui-ci se trouvant dans l'ombre. mais elle ne tarda pas à identifier l'individue, sans toutefois le montrer, à son habitude.

 

 - Hey ! fit la chataîn avec une moue de fierté détestable. Plutôt marrant de

 tomber sur toi après dix ans, je vois que t'as pas changé.

- Onze.

- Comment ? demanda l'importune, fronçant les sourcils.

- Onze ans, et c'est encore trop peu, répliqua Christina, qui commençait vraiment à sentir une fureur pour le moins inhabituelle l'envahir : elle avait oublié de prendre ses "cachets" aujourd'hui, et avait tendance à se laisser envahir par les émotions qui submergeaient souvent le commun des gens rationnels.

- Suceptible et rancunnière, t'as jamais pensé à faire une cure de défauts ? ironisa l'autre avec un air mauvais. Imbue de ta personne sans raison valable depuis toujours, en plus de ça... c'est ta "différence" qui te fait te sentir supérieure ? Pauvre petite Christina, seule contre tous, rejetée par les gens normaux...

- Ferme-la un peu... dit Christina, serrant les poings.

 

 

- Attention, c'est qu'elle mord ! se moqua la détestable jeune femme. Ah... continua-t-elle en soupirant. T'as pas changé depuis tes quatorze ans, toujours aussi puérile. Et dire que t'es chroniqueuse maintenant ! A ta place, je me sentirais mal de donner des conseils aux gens alors que je suis incapable de gérer ma propre vie...

- Ta gueule, Kali, répéta Christina, croisant les bras pour se maîtriser.

- Mmh... tu te souviens même de mon nom. Je t'ai tant marquée que ça?

- Une pute pareille, ça ne s'oublie pas, même en onze ans.

- J'ai dû te laisser un traumatisme ! fit ladite Kali,

que l'idée semblait plutôt réjouir.

 

 

Thibault, qui s'était éloigné pour laisser les deux femmes parler entre elles, revint s'assurer que rien ne se déroulait bizarrement : sa soeur était étrangement tendue, agressive, sur le qui-vive, et il ne l'avait pas souvent vue comme ça, ces dernières années... c'était plutôt le comportement qu'elle avait eu tendance à adopter pendant son adolescence.

Les sales années de Christina... il n'avait rien pu faire pour elle.

Ca avait été dur de voir sa petite-soeur plonger dans la drogue.

 

- Je peux savoir ce qu'il se passe ? demanda-t-il, se faisant

 menaçant, tout en fusillant Kali du regard.

- Et protecteur, avec ça ! sourit Kali. Vraiment, ton frangin a toutes les qualités,

 les parents ont dû foirer le deuxième gosse, y'a un truc qui tourne pas rond.

Thibault haussa les sourcils, supris.

- C'est qui celle-là ? interrogea-t-il sa soeur, qui semblait à mi-chemin de la fureur.

- Kali Humbant, dit Christina, la voix dure. La fille qui a appris je ne sais comment que j'étais lesbienne quand j'étais en 4e, et l'a évidemment balancé sur tous les toits, ce qui m'a contrainte à m'exiler dans un lycée à Paris pour échapper à la putain de réputation qu'elle m'a créé.

 

 

 

Thibault en resta bouche bée. Déjà au lycée quand le secret de sa soeur avait été

révélé, il n'avait jamais pu connaître qui était à l'origine de la rumeur qui avait

 brisé Christina, et voilà qu'il en avait l'instigatrice sous les yeux.

 

L'homme roux qui accompagnait Kali se rapprocha du groupe, lui aussi, sentant que quelque chose n'allait pas. Les sourcils froncés, il oberva les deux jeunes femmes se toiser en silence, les yeux assassins, et il jeta un bref regard à Thibault, comme pour vérifier s'il était la cause de cette embrouille. Au moment où leurs yeux s'accrochèrent, Thibault sentit très clairement que le rouquin le prenait pour un idiot incapable de régler la situation, et il eut soudainement envie de se défouler sur lui.

"Saloperie de putain de gay qui se croit parfait!"

 

- Bon, c'est pas bientôt terminé vos conneries ? demanda le roux avec un agacement très visible. Kali, t'es vraiment chiante, faut toujours que tu foutes la merde. A la base, c'est elle la victime, quand même, et là tu la fais passer pour la méchante dans l'histoire, alors que sa seule erreur a été d'être trop naïve en amitié quand elle était gosse. 

- D'où tu joues les chevaliers servants, l'asticot ? l'attaqua Christina.

- Je ne t'ai pas parlé, le glaçon ! riposta le roux.

 

"Les gays sont tous des dingues, je suis coincé chez la maison de fous!"

 

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9*  posté le mardi 11 décembre 2007 19:18

 

Kali eut un sourire goguenard en direction de Matthias et se retourna vers son enemie d'enfance, amusée. Puis elle passa un bras autour de ses épaules en enroulant une mèche des cheveux de Christina autour de son index, tout dans son attitude faisant clairement comprendre qu'elle n'attendait aucune riposte.

 

- Mais tout va d'enfer, n'est-ce pas, Christina ? On est juste deux amies qui

se sont pas vues depuis un bail, qui ont bien changé, et qui veulent faire plus

 ample... connaissance, ajouta-t-elle avec un sourire qui ne présageait rien de bon.

- Sérieusement, répondit Christina en plissant le front, on n'a jamais beaucoup

parlé quand on était dans le même collège, mais ta proposition me touche.

 

Kali sourit, ravie que Christina entre dans son jeu, et le

 poursuivit sans plus tarder, très sûre d'elle.

 

- Je suis sérieuse quand je dis que les choses... ont changé.

 

 

 

- J'ai remarqué. Tu es lesbienne alors qu'autrefois la seule pensée que des gens comme moi puissent exister te répugnait. En ce qui me concerne rien n'a changé, si ce n'est mon aptitude à me foutre royalement de ce que les autres pensent de moi. Désolée, mais je te trouve bien... entreprenante, termina-t-elle en ôtant le bras de Kali de son dos, le replaçant le long du corps de la jeune femme en se penchant sur elle au passage pour lui murmurer le dernier mot de sa tirade à l'oreille.  

- Tu ne sais pas vraiment ce que tu veux, dit Kali, vexée.

- Va te faire voir, lui répondit Christina en souriant.

 - Bon, c'est pas bientôt fini ? s'agaça Thibault, qui commençait

 vraiment à s'en arracher les cheveux.

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10*  posté le mardi 11 décembre 2007 20:02

 

- On s'ennuie... soupira le rouquin.

Thibault eut très envie de lui dire de sa la fermer, mais il se retint : quand Christina avait tenté de l'envoyer se faire cuire un oeuf, il lui avait répondu avec une froideur qu'on ne soupçonnait pas au départ chez lui, et Thibault étant quelqu'un qui supportait très mal les réductions au silence de la sorte, il décida de faire comme s'il n'avait rien entendu.

- Pourquoi tout le monde nous fixe bizarrement ? demanda-t-il à la place.

D'un naturel réservé, il n'appréciait pas vraiment tous ces regards tournés vers lui.

- Ils attendent un combat, dit l'homme roux en éclatant de rire.

- Un combat ? reprit Thibault, sceptique. Et pourquoi pas une mise à mort, pendant qu'on y est ?! Depuis le début je dis que c'est n'importe quoi ici, allons-nous en, merde !

Les deux concernées par le "combat" gardèrent le silence,

enfermées dans leur rancune mutuelle.

- Ce que tu peux être niais ! C'est la première fois que tu viens ici ?! Un duel de danse, bien sûr ! Vraiment, faudrait te décoincer un peu euh.. Thibault, c'est ça ?

 

 

"Mais il se fout ouvertement de ma gueule, ce nigaud!"

 

- Oui, c'est Thibault, lacha-t-il, agacé. Désolé de ne pas être un écervelé de "tecktonik killer"  à la con qui n'éprouve aucun plaisir à voir deux femmes danser comme des catins pour remporter le prix de la soit-disant meilleure gouinasse.

- C'est qu'il a du répondant! le taquina l'autre. Du calme, je disais ça pour rire,

Thib, ajouta-t-il en joignant geste à la parole : il s'esclaffa.

- Hé, mon nom c'est Thibault, pas T... commença celui-ci,

avant d'être interrompu par Kali.

- Oui, ça va, on a compris ! se plaignit-elle, blasée. Allez furniquer

dansvotre coin, et laissez-nous tranquilles !

- Furniquer ?! s'étrangla Thibault.

 

 

- Il me fait marrer avec son petit côté "terre à terre",rit le garçon. Bon allez Thib',

on va s'amuser un peu ? J'ai pas l'impression que tu te détendes souvent,

alors je vais m'occuper de toi, ça va être vite fait !

 

Thibault en ouvrit le bouche de stupeur, ne sachant que répliquer : tant d'idées de réponses cinglantes se bousculaient dans sa tête qu'il ne pouvait trouver laquelle lancer à la figure de cet individu gênant. Ses yeux devirent ronds comme des soucoupes, mais il ne put rien répondre : le manque de tact de cet homo le laissait sans voix.

Et pourtant en l'espace de quelques mlinutes il avait cerné le vide existentiel de sa morne vie, et l'avait résumée : aucune détente, juste une suite de jours creux.

Et maintenant, il voulait en faire son casse-croute ?

Il n'était pas assez subtil pour comprendre qu'il n'était pas intéressé ?

 

- D'abord, mon nom c'est Thibault, compris ? Je ne te connais ni d'Eve ni d'Adam, la seule chose que je sais sur toi c'est que tu copines avec une vipère qui gave ma soeur, et que tu es gay. or, moi, je ne suis pas gay ! Alors lache-moi un peu les basques, viens Christina on s'en va, la pressa-t-il, au bord de la crise de nerfs.

Il jeta un regard au jeune roux : celui-ci s'inspectait les ongles; de toute évidence il n'avait pas entendu un traître mot de tout ce que Thibault venait de faire l'effort de déclarer à son intention, lui qui d'habitude fuyait comme la peste tout contact humain.

- Pas question.

 

 

Thibault se retourna vers sa soeur, éberlué.

 

- C'est hors de question, répéta celle-ci. On reste. Oh, et, mon mignon... continua-t-elle en s'adressant aux roux. Prends bien soin de mon frère, arrange-le, parce que là, la situation est critique. Il n'a pas l'air, comme ça, mais il est loin d'être timide une fois qu'on le connait bien. Alors ne t'inquiète pas s'il t'envoie merder au début, après il va t'adorer, lui et les mecs c'est une grande histoire d'amour. Sur ce, je vous laisse à vos petits jeux, moi je reçois pas mal d'oeillades auxquelles il me démange de répondre depuis tout à l'heure.

 - Pas de problème, j'aime bien les glaçons, dit l'autre en saisissant

Thibault par le bras, l'entrainant sur la piste de danse.

 

Thibault, lui, se demandait s'il valait mieux se faire sauter la cervelle tout de suite ou s'occuper du cas de la sangsue orange en premier lieu.

Peut-être bien les deux...

Pour ne pas se retrouver seul  au purgatoire.

 

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