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11*  posté le mercredi 12 décembre 2007 20:16


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Relancer "Emerge" _ FischerSponner

 

 

Alors qu'on lançait un nouveau morceau aux accents très techno, Thibault se retrouva entrainé par son ravisseur, qui le menait à la baguette tel un geôlier promenant son chien.

 

- Mais mmh... tu ne comptes pas sérieusement danser avec moi ?

 

Pour toute réponse, l'inconnu lui fit un sourire mystérieux suivi d'un clin d'oeil pour

le moins alarmant, tandis que Thibault se grattait nerveusement la nuque. Sans qu'il ait eu le temps de dire "ouf", ce dernier plaça une main sur sa hanche droite avec aisance, sans la moindre gêne, et rapprocha leurs deux corps, se collant à lui.

Thibault sentit instantanément un courant d'air froid lui glacer le dos, et pour

cause : il n'avait pas l'habitude de contacts physiques aussi rapprochés, en excluant

 ses anciennes petites-amies. Une bouffée de chaleur vint ajouter un contraste

déplaisant à cet handicap, faisant bouillir son cerveau qu'il sentait partir en fumée,

la migraine et la perte de la raison naissantes le menaçant comme les

composants d'une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

 

- T-Tu m'as entendu quand je t'ai dit que je n'étais pas gay ?! demanda-t-il

furieusement, se sentant paniquer.

Mais son partenaire n'entendait rien de ses faibles plaintes

que couvrait le son de l'electro folk.

 

Hype...

Hyper

Hyper

Hypermediocrity...

 

 

Un sourire quelque peu pincé aux lèvres, il leva sa main gauche dans une molle tentative pour repousser le rouquin, mais au même moment, ce dernier posa sa main gauche sur la hanche vacante de Thibault, c'est à dire la droite, qu'il ne s'était jusqu'alors par encore appropriée. Thibault, cloué sur place, eut un mouvement instinctif en arrière que son partenaire s'empressa d'effacer, calant leurs bassins d'un simple geste des bras.

 

You don't...

 Need to...

Emerge,

 From nothing.

 

Parce que parfois... tu n'as pas besoin de d'émerger du néant.

Tu n'as pas besoin de t'en arracher.

Parce que, le néant, t'es dedans. Sauf que tu n'es plus seul.

Alors vous allez plonger à deux.

Et faire une longue, longue chute... vers la lumière.

La Lumière d'Amour.

 

 

You don't need to tear away...

 

Tu n'as plus besoin de t'enfermer dans tes larmes.

Etrangement, il y avait des moments comme ça pendant lesquels, inexplicablement, on se sentait mieux. Sans aucune raison valable, tout simplement parce qu'on change d'habitudes et de fréquentations. ca peut être profitable ou bien s'avérer une regrettable cause de dégâts, voire de malheurs. Malgré sa gêne qui l'empêchait de passer un bon moment, et aussi cette envie de crier "Je ne suis pas gay, tu te trmpes sur mon compte!" Thibault se sentait assez bien. Au moins, il n'avait pas le sentiment d'être jugé, et, au fond, il n'y attachait pas tellement d'importance. Pas au point où il en était.

 

Feels good.

Looks good.

Sounds good.

Looks good.

Feels good too.

 

Le roux mouva quelque peu son bassin pour faire adopter à leurs corps une position

plus entière, ne ménageant pas la virilité de Thibault. Il le força à relever la tête et lui adressa un regard coquin, doublé d'un sourire pervers qui mit son partenaire de

 danse dans un état de malaise encore plus prononcé. "C'en est trop."

Le regard fuyant, il se débarassa de l'entreinte de cet inconnu.

 

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12*  posté le jeudi 13 décembre 2007 21:02

 

Thibault avala sa salive, mal à l'aise, et positionna ses mains sur ses hanches.

 

- Euh... mec, faut que j'te dise... je suis pas gay.

L'appellation "mec" sonnait bizarre à ses oreilles, mais après tout il ne connaissait pas le nom de cet inconnu, qui d'ailleurs fronça les sourcils après qu'il ait prononcé ces mots.

- Tu sais euh... hétéro ! Je sors avec des personnes de sexe féminin, je couche avec des personnes de sexe féminin, et ahem... je ne pratique pas ce genre de choses avec des personnes de sexe masculin. Tu veux que je te fasse un dessin ?! demanda-t-il sur un ton un peu plus agressif, agacé par son manque de réaction.

 

Alors, à sa grande surprise - et sa grande

 stupeur - l'inconnu éclata de rire.

 

 

Hésitant vaguement entre s'énerver et garder son calme

en passant pour un imbécile ébahi, Thibault fini par opter

inconsciemment pour la seconde solution, hébété.

 

- Ben... qu'est-ce qu'tu fous là alors ? demanda-t-il en éclatant de rire.

 

Question qui prit Thibault de court.

C'était vrai. Que foutait-il là ?

Dans une boîte gay, collé à un homo.

Sans même savoir si ça lui plaisait ou pas.

"Putain... est-ce que j'ai vraiment laissé ma vie devenir aussi creuse ?

Je me suis conduit à la mort seul, et je ne sais même pas

si j'ai encore envie de m'en sortir..."

 

- Ce que je fous là ? dit-il avec un noeud froid dans la gorge. J'en sais foutrement rien. Et tout ce que je sais, c'est que tu t'en branle complètement. Tu te fous de savoir qui je suis, ce que je traverse, si je vais bien, et si ma soeur se drogue depuis dix ans. Alors évite de m'emmerder avec ton hypocrisie à la con, s'il te plaît, acheva-t-il, amer et perdu.

 

Perdu, parce que oui, il l'était.

Seul, triomphant au milieu d'une allée sans chemin existant.

Quand on lui demandait ce qui n'allait pas, pris de court, il ne savait que répondre.

Tout allait bien.

Et pourtant, tout allait mal.

 

 

Bizarrement, l'expression du rouquin changea du tout au tout.

Ca y est. Il allait être "désolé".

 

- Christina se drogue ?! l'interrogea-t-il, désagréablement surpris.

 

Même pas.

Comme toujours, sa petite-soeur était plus intéressante que lui.

Tellement plus vive, plus spontanée, plus courageuse aussi.

Contrairement à lui qui passait sa vie à avoir peur de tout. 

 

- Tu m'emmerdes, lui répondit Thibault avant de faire

demi-tour, dans l'intention d'aller... il ne savait même pas où.  

 

Parce qu'il n'avait nulle part où aller désormais.

Et qu'il en avait assez de fuir.

Et que la seule solution à son problème

était d'accepter l'aide d'autrui.

 

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13*  posté le jeudi 13 décembre 2007 22:02

 

Pendant ce temps, Kali était revenue à la charge sur Christina.

 

- Allez... fit-elle, la mine boudeuse - et pourtant enjôleuse. Je suis persuadée que tu ne me refuserais pas une invitation... à danser, pour commencer ? Ou boire un verre, c'est toi qui vois... perso, m'agiter comme un coq sur une piste de danse, très peu pour moi, c'est plutôt le style de Matt, qui a d'ailleurs l'air de bien s'amuser avec ton frérot.

 

Christina ne prêta guère attention à sa diversion sur Thibault, oscillant entre

 l'amusement et le mépris. Certes, Kali s'approchait plus de son style que de

 nombreuses femmes qu'elle avait fréquenté, mais ça

restait une personne pour laquelle elle gardait une vieille rancune.

 Et c'était une véritable garce. Même si elle ne pouvait

 prétendre ne pas en être une elle-même.

 

- Tu vas voir, si je ne peux pas te

résisiter ! lui répliqua-t-elle sur un ton moqueur.

 

 

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14*  posté le jeudi 13 décembre 2007 22:11

 

Comme pour lui prouver la véracité de ses propos, Christina s'empara

d'une fille qui trainait dans le coin, qui n'était autre que la réceptionniste du

 Cheyenne, et la colla sontre elle sans crier gare.

 

- Tu me rendrais un petit service ? murmura-t-elle

à son oreille, le sourire aux lèvres.

 

Pour toute réponse, la blonde lui rendit un sourire pervers et écrasa sa poitrine

contre celle de Christina, avant de lui faire prendre possession de ses lèvres.

  

 

Christina, ravie de pouvoir faire payer à Kali l'affront de sa jeunesse, s'en donna à

coeur joie, l'ignorant en s'exposant de manière des plus ostentatoires.

"Et ça ne fait que commencer..."

Elle avait bien l'intention de lui faire avancer le prix fort.

 

- Idiote... souffla Kali.

 

Christina avait toujours été fière et puérile, sans vraiment avoir de quoi. Et elle

 avait une sainte horreur des gens qui se comportaient comme cela. Mais elle

l'intrigait tout de même, car elle avait de l'audace, et que c'était une

des rares personnes qui lui avaient jamais tenu tête.

Alors, puisqu'elle s'était convertie lesbienne après l'accident, tester celle dont

elle s'était autrefois ouvertement moquée devenait un véritable défi.

"On verra bien."

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15*  posté le vendredi 14 décembre 2007 12:24

 

Alors que Christina continuait de narguer son enemie d'enfance, Thibault, lui, finit

 par revenir vers le rouquin qu'il avait déliassé, le regard penaud. Il ne connaissait

 personne de sensé dans cette asile de fous, et même s'il était loin d'avoir confiance

en lui, c'était toujours plus rassurant de passer son temps avec quelqu'un

 qu'il connaissait un tant soit peu. De plus, s'il s'était en allé,

Christina ne le lui aurait pas pardonné.

 

- Tiens, tu te sens seul ? demanda le roux en croisant les bras sur sa poitrine,

fort amusé par la gêne pour le moins visible de Thibault.

Phrase à laquelle ce dernier répondit d'abord par un regard assassin.

- J'ai peur de me faire violer, avoua-t-il, honteux.

L'autre éclata de rire, sans faire aucun effort pour s'en cacher. Sympathique.

- A suivre les gens comme ça, c'est vrai qu'on peut se poser des questions au bout d'un moment. On dirait que tu veux in ticket,plaisanta-t-il, au bord du fou rire.

- Je ne te suis pas, abruti ! riposta Thibault, énervé.

- Ok.

 

Le rouquin le laissa planté là où il était pour aller prendre place au bar.

 

 

- Enflure... marmonna Thibault, bien remonté.

- A toi de voir... dit le roux en s'examinant les ongles de la main. Sauf si tu as peur

de me suivre, bien entendu. Tu peux rester tout seul et risquer un évènement,

 ahem... regrettable, ou bien te faire protéger par "Mister Enflure" ! termina-t-il

avec un sourire pervers débordant de triomphe.

 

 

 

Thibault n'hésita que l'espace de quelques secondes.

Au moins, ce type-là n'avait pas l'air d'avoir de mauvaises intentions.

Ne faire confiance à personne devenait fatigant, à la longue...

Autant essayer.

 

- Mouais...fit-il, pas moins méfiant.

 

Selon Thib, si on perdait sa méfiance... on perdait sa vie.

 

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